Est-ce
La mer à traverser
Qui préserve cette île de
l'inessentiel ?
Presque tout autour
C'est une muraille rocheuse
Déserte
Lisse
Et sans faille apparente
Qui tombe
Dans la mer et le plus grand
silence
Et nargue les navires
Aussi haut
Puisse
monter la vague
Elle
échoue
Au pied de
l'île imprenable
La marée basse découvre
Tout autour de l'île
Hérissé
Un archipel
Les
mouettes n'en finissent pas
De baliser
de blanc
Les
rochers
Cette île est parfaite
Car les expéditions les plus
lointaines
D'une côte à l'autre
Et retour
Se font à pied
Dans la journée
Au fond
d'une crique
Le port
Les deux
bras de ses jetées
Autour des
bateaux qu'il protège
Perles de verre bleues
Et fil à broder
Font un simple gréement
À la candeur des fenêtres
Trois pas
derrière la maison
Muret de
pierres sèches
Débordé
Par
l'exubérance du figuier
Solides volets de bois
Et claquement du linge
Dans le vent
Dans cet
enclos de mer
Quand il
pleut
Les
enfants courent après la pluie
Dans des
flaques et des rires
Ils
courent après la pluie
Pour
l’attraper avec leurs épuisettes
Les yeux
Tout
éblouis d'eau claire
Tenue blanche
Épaules robustes
Bob
jaune
Bob vert
Bob rouge
Trois phares
Élégants rouleurs de mécaniques
La radio
crache un bulletin toutes les heures
Mais la
seule
Vraie
nouvelle
Ici
C'est la
mer
Juste derrière le grand phare
À toute heure
Les oiseaux de passage
Tiennent une bourse aux
informations
Chaque
soir
Dernier
navire de liaison reparti
Les îliens
se retrouvent enfin
Seuls avec
la mer